28.11.2010
Oeuvre Macabre
(Regroupés sous le titre de Petites histoires oniriques, ces textes sont extraits de l’imaginaire de leur auteur. Se basant sur quelques éléments de son propre inconscient, l’auteur a opéré une sélection, une amputation et une mise en récit « consciente » à des fins purement narratives. Toute analyse psychanalytique serait d’avance biaisée. Enfin précisons que toute utilisation de ses textes et des images à des fins personnelles ou commerciales est interdite)
- Oeuvre Macabre –
Des bruits extérieurs viennent le sortir des bras de Morphée. Il regarde son réveil, il est trois heures du matin. Il sait que sa nuit est fini. Ne supportant pas rester éveillé dans son lit, il allume sa lampe de chevet et saute du lit. L’air est frais, l’hiver est arrive. Il enfile sa robe de chambre, de couleur rouge pourpre, et sort fermement de la pièce.
Au bout du couloir, il aperçoit les rayons d’une lumière extérieure. Peut être a-t-on oublié d’éteindre la lumière de la terrasse ? En se dirigeant vers la source de lumière, il entend comme des bruits d’outils. La lumière vient bien de dehors, elle transparait par une fenêtre où s’appuient deux personnes. Il va à leur rencontre.
- Qu’est ce que vous faites là à cette heure ci ?
- Tiens salut ! Comment va ? Répond l’un deux en lui tendant la main, tandis que l’autre lui tourne le dos.
Il serre mollement la main du bonhomme sans prêter une spéciale attention à l’identité des deux hommes. Il semble d’avantage intéressé par ce qu’ils regardent que par leur présence à une heure tardive. Il se fraye un chemin entre les deux et jette un coup d’œil dehors.
Dehors se trouve une troisième personne, un râteau à la main. Il ramasse les vieilles feuilles. Le terrain est en pente et ne semble guère entretenu. Des rosiers sans feuilles côtoient comme des haies de ronces. La lumière de la terrasse n’est pas assez puissante pour éclairer au delà des arbustes. Et le ciel, chargé de nuages, ne laisse entrevoir ni étoiles, ni Lune.
Sans dire un mot, il laisse les compères à leurs (in)occupations. Dans l’obscurité la plus complète, il déambule dans sa demeure en direction de la cave. Et c’est seulement au moment où il emprunte l’escalier en colimaçon que la lumière apparait. Les lampes qui ornent les murs ne diffusent qu’une petite lumière mais cela lui suffit.
La cave est emménagée. Un grand bureau se trouve au milieu de la pièce et une bibliothèque assez importante occupe tout un pan de mur. Les autres murs sont en pierre apparente. Une grande baie vitrée tient place du quatrième mur et fait face au meuble central, accompagnée d’une solide grille extérieure.
Il vient s’assoir au bureau sur lequel est entreposé un livre ouvert. Il prend la plume à côté, la trempe dans l’encre et se penche sur le grimoire pour en continuer l’écriture, trop longtemps délaissée. Dans le silence assourdissant de la nuit, il remplit les pages blanches à un rythme frénétique.
Quelques heures s’écoulent. Des pas saccadés mais répétés viennent interrompre son inspiration nocturne. Attentif, il se fige alors un long instant. Mais au fur et à mesure que le bruit se rapproche, son cœur s’emballe. Puis quelque chose vient frapper contre la grille qui protège la baie vitrée.
Ces choses, car elles sont plusieurs en fait, ont la forme de mains. L’identité de ces choses lui apparait soudainement. Des corps à moitié décomposés s’agrippent à la grille, et s’acharnent sur elle pour espérer passer de l’autre côté. Les Morts-Vivants sont revenus.
D’une main tremblante, il reprend l’écriture de son livre. Il sait que les meilleurs moments de son histoire font intervenir ses monstres. Il doit terminer son œuvre pour se libérer d’eux. Jusqu’ici la grille a tenue. Mais ce soir, ils sont plus déchainés qu’à l’accoutumé et pourraient bien finir par l'atteindre…
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